L'Art n'a pas d'âge

Projet artistique pour personnes âgées

Depuis 2011, ONYX propose des instants artistiques collectifs ou individuels aux résidents des maisons de retraite et des domiciles collectifs.

« Jeannine ? Vous avez trouvé une place ? »
En ce milieu d’après-midi, aux Bigourettes, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, le personnel soignant place le public avec un sourire comme cela n’est pas permis. À l’ombre de la banne, une dame s’impatiente gentiment : « Un peu de musique s’il vous plaît. Ça va nous donner un peu d’entrain ».

À quelques mètres de là, distanciation sociale oblige, Momette et Amandine Dolé peaufinent les derniers réglages d’un voyage musical qui durera une heure.
Les escales sont savoureuses, poétiques, chaloupées et inattendues. Même si Eddie Constantine, Jacques Dutronc, Jeanne Moreau, Jean-Sébastien Bach ou encore Cesaria Evora sont au programme, le double dames ne joue ni la facilité, ni leurs tubes. « Le spectacle est construit spécialement pour eux. Pour autant, nous n’avions pas envie de reprendre des standards », explique Momette à l’issue d’une représentation riche en émotion, mais sportive techniquement.

En effet, la Covid-19 est passée par là et a profondément bouleversé la donne du spectacle vivant.
Et encore plus les règles de L’art n’a pas d’âge, projet artistique qui, depuis 2011, propose des instants artistiques collectifs ou individuels pour les résidents de trois maisons de retraite, un domicile collectif et un accueil de jour. En amont, Momette et Amandine Dolé avaient imaginé une multitude de propositions précieuses pour « ces spectateurs pas comme les autres. Nous avions pensé passer une journée avec eux. Nous voulions aller les voir dans leur chambre et proposer ainsi plein de formules. » Au final, le jour d’après prendra la forme d’un spectacle plus traditionnel monté avec le cœur.

Aux Bigourettes, Momette et Amandine bouclent une semaine où leurs chansons se seront invitées à la Maison Beauséjour et dans les résidences de La Bourgonnière et de La Crémetterie.
Ici, des pieds battent la mesure sur Dutronc. Un chat traverse, le plus paisiblement du monde, le jardin. Une résidente profite du spectacle depuis sa chambre avec une vue imprenable sur cette scène improvisée. En chœur, ces femmes et quelques hommes fredonnent La Bohème. Les regards portés sont attentifs. Et les oreilles, grandes ouvertes. Et finalement, on se rend compte avec délice qu’à l’instar de n’importe quel concert, il y en a toujours un qui en demande toujours plus. « Encore ! ». Momette et Amandine ne se font pas prier et reprennent avec plaisir la route de leur répertoire. Même si la chaleur n’est pas loin d’être écrasante pour elles, même si le bruit des voitures qui passent s’invite, par instants, dans la danse ; le bonheur simple du partage entre générations est immense et sincère.

Alors oui, à ONYX, l’art n’a pas d’âge. Et la culture pour toutes et tous, pas de prix. Tout le monde y trouve sa place.